Blogueurs gratuits : la fin d’une époque ?

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Depuis l’apparition de plateformes facilitant la création et la gestion de blogs, bien avant que l’on ne parle de réseaux sociaux ou de brand content, les marques ont toujours essayé de se positionner sur les articles rédigés par les blogueurs.

Pour obtenir ces publications, il fallait alors (et c’est toujours le cas) soit :

– avoir une marque forte et connue, qui s’imposera d’elle-même dans les articles au travers de sa notoriété et/ou de son réseau de distribution (réservé à un nombre très restreint de marques, qui au final se concurrencent) ;

– avoir une actualité puissante permettant de se faire connaitre auprès de nombreux relais d’informations (la télé a longtemps été le premier maillon de cette chaîne de l’information) ;

– se constituer manuellement un réseau d’influenceurs avec lesquels travailler pour relayer les informations de la marque (qualitatif, mais demande un investissement important en temps pour la recherche, le contact et l’animation de réseau par la suite)

– compter sur la chance, espérer qu’une personne influente tombe sur son site, et soit suffisamment satisfait par ledit produit et les services autour du produit pour en parler à son audience (hautement qualitatif, mais extrêmement aléatoire).

Pour contourner les obstacles inhérents à chacune de ces méthodes « gratuites », plusieurs moyens payants ont été mis en place et utilisé : les Relations Presse (puis leurs pendants digital, les eRP), community management, le buzz marketing, le brand content, et enfin les articles sponsorisés. Nous n’allons pas revenir sur ces différentes méthodes, mais toutes ont la particularité d’être payantes, et de représenter un budget parfois conséquent chez les annonceurs, et ce pour le plus grand plaisir des agences spécialisées dans les relations presse, dans le digital content, le social media, et autres métiers de la communication web.

Le fait que ces solutions soient payantes n’est pas en soit un problème, au vu du travail engagé par les intermédiaires en termes de stratégie, de gestion, d’analyse, etc. Le problème qui est alors apparu est que les médias sur lesquels ces solutions s’appuient ne touchent au final qu’une petite partie des budgets engagés (au mieux, 50% du budget, au pire rien du tout, si ce n’est la reconnaissance et les remerciements de l’annonceur). De ce constat est née une tendance de fond qui a émergé au cours des dernières années : la fin du blogueur gratuit.

Il y a encore quelques années, la monétisation des blogs était un sujet tabou, touchant à l’éthique des blogueurs, à l’impartialité qui fait l’essence même des blogs, et c’est le sujet d’une question qui est souvent soulevé lors de nos dialogues avec nos partenaires : l’article sponsorisé dénature-t-il le blogging ?

Cette question, qui étrangement nous est plus souvent posée par des annonceurs que par les blogueurs, a été à la base de nombreux débats au cours des dernières années, entre les pro-monétisation (considérant qu’être rémunéré pour certaines opérations est un processus normal) et les anti-rémunération (qui considèrent qu’un blog ne doit pas faire de pub pour conserver sa liberté d’expression).

Aujourd’hui, les voix les plus entendues sont celles des pro-monétisations. En effet, les blogueurs ont compris le rôle qu’ils jouaient dans le paysage médiatique, et plus particulièrement leur importance au sein des opérations de communication digitales. Fini donc, les communiqués de presse « Cher(e) Blogueur(se) », les échantillons envoyés à la pelle, les invitations à des évènements débouchant automatiquement sur une publication favorable… Les blogueurs ont fini par comprendre l’importance que pouvaient avoir leurs publications dans les esprits des planeurs stratégiques et autres community managers et auprès des consommateurs finaux que constituent leurs lecteurs. Des outils se sont donc créés pour les aider à mieux se positionner en terme de prix, à sécuriser les négociations, à garantir les paiements, etc… facilitant et normalisant ainsi cette tendance.

D’aucuns diront que cela représente la fin d’une époque, nous pensons plutôt qu’il s’agit là d’une évolution logique, suivant la ligne directrice de professionnalisation que suivent les blogs les plus en vue, entrainant avec eux une myriade de supports plus modestes. Tous partagent cette volonté de se rémunérer tout en conservant crédibilité et honnêteté auprès de leurs lecteurs, avec une attitude proche du journalisme.

En prenant la direction du professionnalisme et en se faisant rémunérer plus régulièrement, les blogs vont par ailleurs gagner en qualité, puisque les rémunérations gagnées sont en partie réinvesties dans le blog que ce soit sur un aspect qualitatif et esthétique (améliorations techniques, plugins et templates payants, location de serveurs et noms de domaines, etc…) ou par du contenu en plus grande quantité et de meilleure qualité. Une blogueuse Mode répartira par exemple ses gains dans ses dépenses courantes pour plus de looks ou des éditions plus rares et plus onéreuses d’accessoires ; un blogueur orienté Cinéma doublera son nombre de séances mensuelles et donc son nombre de critiques ; un blogueur Tech investira dans le dernier gadget qui l’attire pour pouvoir en faire un test sur son blog, etc… C’est l’ensemble de la blogosphère qui est tirée vers le haut par la monétisation, et lorsqu’une marque soutient financièrement un blogueur en échange d’une publication, elle soutient également son marché en pérennisant un des supports d’informations de son cœur de cible.

Si l’aspect gratuit des publications par les blogueurs tend donc effectivement à disparaître, c’est uniquement au profit de modèles plus viables économiquement, plus pérennes et plus crédibles, plus communs et plus acceptés, et surtout plus justes et plus équitables vis-à-vis des blogueurs.

PARTAGER CET ARTICLE

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Nous pouvons vous aider

Contactez-nous pour en savoir plus sur le logiciel Upfluence. Notre équipe d’experts du marketing d’influence et de contenu peut également vous aider dans votre stratégie et dans la gestion de vos campagnes.